Le monde merveilleux du chindogu

Date : Du samedi 28 août au dimanche 5 septembre

Par Jean-Christophe LECOQ.

Après Paris, Marseille, Lyon, Montluçon, après l’expo du Palais de Tokyo… le monde du chindogu arrive à la Foire Exposition de La Rochelle. Mais de quoi parle-t-on ? Le chindogu, ou comment inventer des objets dont personne ne se sert mais ô combien utile ! Le mot « chindogu » se compose de chin, pour « étrange, insolite », et dogu, qui signifie « objet ». Qui n’a jamais rêvé de pouvoir protéger ses chaussures préférées par temps de pluie ? Ou encore de viser juste en mettant ses gouttes de collyre spéciales conjonctivite ? Certains l’ont pensé, d’autres l’ont créé ! Un parapluie à chaussures, une paire de lunettes entonnoir pour les yeux, voici les chindogu ! On doit cet art farfelu à Kenji Kawakami, un Géo Trouvetou japonais qui, durant les années 80, a commencé à concevoir des chindogu. Sa démarche est non commerciale, car il revendique haut et fort le droit de créer et d’innover sans le côté consumériste. On notera que certaines de ces créations ont néanmoins fait l’objet d’un dépôt de brevet (qui dit brevet dit utilité, car les chindogu ne doivent pas être brevetés). La philosophie même du chindogu est « inutilisable », « non duplicable », « anarchique » et « drôle ». Dans la conception d’un chindogu, il y a toujours une démarche de solutionner une difficulté quotidienne, même si au final l’objet se contente d’être cocasse et pas du tout pratique. C’est réellement le côté burlesque de la création qui est recherché plus que l’utilité ! En effet, l’objet doit pouvoir faire sourire sans toutefois être une caricature ni servir à la moquerie quelle qu’elle soit. Le concept possède sa propre association, l’International Chindogu Society, avec pas moins de dix préceptes et 10 000 membres. Jean-Christophe Lecoq, président de l’Académie francaise du chingogu, est tombé dans cette étrange potion créative au début des années 2000. « J’ai découvert dans un Emmaüs le livre « 101 inventions japonaises loufoques ». Cela m’a tout de suite intéressé », témoigne l’inventeur. J’ai ensuite tout fait pour remonter la trace de Kenji Kawakami. » De maisons d’édition en chambres de commerce, Jean-Christophe Lecocq arrive enfin à entrer en contact avec l’inventeur du chindogu. Celui qui compte aujourd’hui plus de 200 chindogu à son actif, comme ces paires de chaussures silex, prêtes à allumer un feu en un frottement de pied, s’est envolé pour le Japon pour se faire adouber par le maître, Kenji Kawakami en personne. « Mon rôle est désormais de faire connaître le chindogu en France et en Europe », confie Jean-Christophe. Parmi les chindogu les plus abracadabrants, on retrouve la fourchette avec moteur intégré pour enrouler les spaghettis. Attention à l’excédent de sauce, éclaboussures garanties ! Il y a aussi ce superbe ventilateur pour refroidir les nouilles, ou encore les chaussons balayette, pas vraiment stylés ! Les chindogu sont des inventions sorties de l’imagination d’un concepteur parfois loufoque, parfois visionnaire. Et s’ils n’ont pas la vocation d’être pratiques, il leur reste celle de nous faire rire. Et, franchement, on ne va pas s’en priver.

Les 10 préceptes du chindogu :

  1. Le chindogu ne doit pas avoir de véritable usage. Si vous l’utilisez, ce n’est pas un chindogu !
  2. Il doit être une création physique afin de pouvoir se rendre compte de son inutilité.
  3. L’anarchie est le maître mot dans la création d’un chindogu.
  4. Le but d’un chindogu est sa recherche d’utilité dans le quotidien et son usage doit pouvoir être compris par tous.
  5. Le chindogu, tu ne vendras pas ! On ne recherche pas le profit.
  6. Le chindogu est un objet rigolo, mais ce n’est pas son premier dessein qui reste la résolution d’un problème fréquent.
  7. Le chindogu ne sert pas à promouvoir ni à faire de la propagande.
  8. Le chindogu n’est pas un vecteur de vulgarité, d’atteinte à la personne ou à tout être vivant.
  9. Pas de brevet pour le chindogu. Ce sont des cadeaux offerts au monde.
  10. Le chindogu ne doit porter préjudice à rien ni personne.